IAM est un groupe de rap français fondé à Marseille en 1988, composé d'Akhenaton, Shurik'n, Kheops, Imhotep et Kephren. Considéré comme l'un des pères fondateurs du rap français aux côtés de MC Solaar et NTM, le groupe forge dès ses débuts une identité unique, ancrée dans sa ville tout en revendiquant une portée universelle. Leur nom, tiré des pancartes « I AM A MAN » des militants des droits civiques américains, résume à lui seul leur philosophie : « On montre à travers le rap qu'on existe. »
Après un premier album en 1991, ...de la planète Mars, le groupe s'impose progressivement dans le paysage musical français. C'est Ombre est lumière en 1993, suivi du tube estival Je danse le mia, qui les révèle au grand public, bien au-delà des cercles initiés. En 1995, ils remportent la Victoire de la musique du groupe de l'année.
Mais c'est en 1997 que tout bascule. L'École du micro d'argent devient un phénomène culturel : certifié disque d'or en deux jours, il s'écoule à plus d'un million et demi d'exemplaires et atteint le statut de disque de diamant en 2005. Petit frère, Nés sous la même étoile, Demain c'est loin — autant de titres entrés depuis dans la légende du rap français. La même année, le groupe fonde son propre label, Côté Obscur, affirmant une indépendance artistique qui ne les quittera plus.
Les albums se succèdent — Revoir un printemps, Saison 5, Arts martiens, Rêvolution, Yasuke — chacun témoignant d'une exigence intacte et d'une capacité à se renouveler sans jamais trahir leurs fondamentaux. En 2015, ils reçoivent une Victoire honorifique pour l'ensemble de leur contribution au rap français. En 2020, les cinq membres sont nommés officiers de l'ordre des Arts et des Lettres. Trente-sept ans après leurs débuts, IAM continue d'écrire son histoire — preuve, s'il en fallait une, que certaines œuvres ne vieillissent pas. Elles s'approfondissent.
Marseille, ses lumières, ses ombres, ses silences — IAM en a fait la substance même de son œuvre. Il était donc naturel que l'exposition des portes des Baumettes, née dans les entrailles de cette ville qu'ils ont tant chantée, fasse appel à eux. Sur l'une des portes de la prison, Akhénaton et Shurik’n ont gravé leur marque — non pas comme un geste symbolique de plus, mais comme le prolongement logique d'une carrière entière consacrée à donner une voix à ceux que l'on n'entend pas toujours.
